LA TALONNADE, BLESSURE DES COUREURS 
Cette lésion rentre dans le vaste groupe des “talalgies" qui regroupe toutes les douleurs concernant le talon, pouvant être secondaire à une atteinte du calcanéus (os du talon), du tendon d’Achille, de l’aponévrose plantaire ou du coussin talonnier ici concerné. 
Cette talalgie touche donc le coussin talonnier, correspondant à l’épais capiton plantaire situé sous le talon qui a pour rôle son amortissement. 
Elle est fréquente en milieu sportif du fait des nombreuses contraintes subies par le talon en rapport avec les chocs directs lors de l’impact au sol à chaque foulée, saut ou autre pivot. 
Qui plus est, elle est particulièrement retrouvée chez les trailers du fait des descentes et des importants dénivelés.


LES CAUSES ET LE MECANISME 

Cette blessure sportive correspond au choc des parties molles sous calcanéennes secondaires à des réceptions brutales lors de sauts ou à un traumatisme sous le talon. 
Cependant, les chocs ne doivent pas nécessairement être brutaux pour déclencher une talonnade, en effet, des lésions répétitives telles que les microtraumatismes, omniprésents chez les coureurs de fond, sont pourvoyeurs de talonnade qui correspond en définitif à une attrition du capiton plantaire. 
Ces chocs brutaux ou ces microtraumatismes en pression ou en cisaillement surviennent donc essentiellement dans des sports avec sols durs (en salle) ou chez les marathoniens (bitume) et les trailers (descentes avec travail freinateur et donc appui majoré sous les talons).Le port de chaussures à crampons (football, rugby) favorise également la survenue de cette blessure, de même que les chaussures à semelles trop fine. 
En toute logique, le poids du sportif peut être source de talonnade, puisqu’en effet le coussin talonnier doit encaisser une pression plus importante chez un sujet en surcharge pondérale. Cependant, il ne s’agit pas nécessairement d’un surpoids, simplement, il suffit que le poids du sportif soit supérieur aux capacités d’amortissement de sa chaussure. D’où l’importance d’un bon choix des chaussures de course !

QUELS SONT LES SIGNES CLINIQUES ? 

C’est une lésion souvent unilatérale du capiton plantaire se manifestant par de petites tâches rouges dues à la création de micro hémorragies. L’écrasement des parties molles sous le calcanéus entraîne une douleur aiguë dès la pose du talon au sol, débutant le matin au lever et intervenant après une station assise prolongée et surtout à l’effort. 
 
La radiographie élimine la fracture de fatigue du calcanéus, la maladie de Sever chez l’enfant ou une aponévrosite plantaire d’insertion calcanéenne. Cependant, le diagnostic de la talonnade est essentiellement clinique.
    QUEL EST LE BON TRAITEMENT ? 

Il n’y a pas 36 traitements possibles pour soulager les douleurs de la talonnade : un repos sportif de 3 semaines minimum est généralement à respecter. 
Le médecin pourra en plus prescrire des anti-inflammatoire, notamment en pommade, mieux vaut alors masser avec persistance, puisque la peau à cet endroit est épaisse. 
Mise à part ces 2 mesures, la base du traitement réside en la confection d’une paire d’orthèses plantaires par un podologue du sport. La mise en place de talonnettes amortissantes peut s’avérer nécessaire sur ces semelles. En tous les cas, la consultation approfondira l’étude de la gestuelle sportive par un bilan dynamique mais aussi un bilan statique et l’analyse des chaussures. 
Dans les formes chroniques, des infiltrations pourront êtres pratiquées.



QUELLE EST LA BONNE PREVENTION ? 

Le bon choix des chaussures de running et/ou de trail est primordial pour éviter ce genre de blessure. 
Renseignez-vous bien auprès des vendeurs pour que la chaussure soit adaptée à votre poids. Il est fréquent que la barrière des 80 kilos soit indiquée dans les fiches techniques des chaussures de running. 
Par ailleurs, il faut que la semelle de la chaussure de running possède un petit dénivelé (quelques mm de talon suffisent) ainsi qu’un bon système d’amorti (pour être amortissant le matériau de la semelle doit être compressible, élastique et épais). 
En toute logique, la chaussure de compétition, plus légère et plus fine, ne possède pas toutes les caractéristiques requises, c’est pourquoi son usage doit être réservé comme son nom l’indique à la compétition. 
Pour finir n’oubliez pas de choisir des chaussures “universelles" avec au besoin l’adaptation de semelles orthopédiques dedans.